Le Beignet, parodie

Un fond de tiroir. J’ai retrouvé cette parodie de Du Bellay, écrite pour un ami dans les marges des cours d’agrégation l’année où L’Olive était au programme. Nos après-midi de travail à la bibliothèque étaient scandées par des pauses café ou jus d’orange qui, à quatre heures, était accompagnés d’un beignet peu diététique. Mais il faut bien vivre ! Une semaine que j’avais faussé compagnie à mon acolyte pour partir réviser au calme chez mes parents, je rédigeai cette parodie d’un sonnet de Du Bellay, substituant à la femme aimée la grasse pâtisserie…

*

LE BEIGNET

Je ne quiers pas le dit goustu gâteau,
Plaisir du Dieu à la fine papille ;
Ou bien que de crème l’épaisse vrille
Vienne de ma bouche emplir le cuveau.

Encore moins veulx-je manger le beau
Croissant qui le matin de beurre brille ;
Parmi pâtisseries de Petronille
Seul désire celuy que nul fourneau

Ne fait cuire ; qui dans l’huile baigné
Prit juteux aspect et tendre mollesse.
Viens satisfaire, ô grassouillet délice

Au cœur coulant, que mon croc acéré
Déchire pensant à la douce fesse
Qui fait Orphée regretter Eurydice.

4 thoughts on “Le Beignet, parodie

  1. F. mercredi 23 décembre 2009 / 8:38

    gé-nial

  2. VG mercredi 23 décembre 2009 / 16:18

    Merci Max’ pour ce souvenir qui me rend nostalgique tout en me faisant refendre la poire…

  3. Myriam vendredi 1 janvier 2010 / 17:07

    Et bien voici un beignet bien poétique !
    Très belle Année 2010 à vous !

  4. chafoin lundi 6 mai 2013 / 7:38

    Ah ah! Excellent!

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