Yves Bonnefoy traducteur de Keats

Vous trouverez ici le texte de la communication prononcée lors du colloque « Traduire l’autre, le même ou le soi », organisé par Inês Oseki-Dépré à Aix-en-Provence du 3 au 5 décembre 2008. Cette communication reprenait en le développant l’un des points de mon mémoire de M2.

Il faut admettre que les traductions de Bonnefoy peuvent irriter, et semblent parfois infatuées. L’éloquence solennelle si caractéristique de la poésie d’Yves Bonnefoy – symptôme, pour certains, d’une stratégie posturale « de mauvaise foi » – prend à sa charge la démarche poétique de l’étranger : d’aucuns diront qu’elle l’absorbe, qu’elle la détourne. J’entends avec intérêt les critiques que l’on adresse aux traductions de Bonnefoy ; et j’espère que ma démonstration saura à son tour rendre bienveillante la sensibilité des lecteurs exaspérés.  Yves Bonnefoy ne traduit pas un poème, il traduit la poésie. A savoir l’effort de connaissance et le vœu de lucidité portés dans le désordre des séductions qui attirent l’être et le poussent à la dispersion, l’obstination de percer le voile des images, de dénoncer le mensonge esthétique ; mais aussi la reconnaissance du désir, des tentations qu’il propose, des chemins qu’ils suggère, ce désir trompeur mais aussi dont les produits sont tout ce qui peut nous renvoyer à la vérité première de notre être, à son pli fondamental. Traduire la poésie : revivre à nouveau cette dialectique incessante entre vœu acharné de lucidité et logique désirante.

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