« Un árbol », poema (traduction)

Parlant de Nerval qui avait traduit en français son Faust à l’âge de dix-neuf ans, Goethe écrivait qu’il avait rajeuni, revivifié son texte. Une bonne traduction poétique doit être une renaissance ; et rien, peut-être, ne flatte plus un auteur qu’une bonne traduction de son texte, signe qu’un lecteur a patiemment écouté son texte, et a tenté à son tour le travail de rassemblement qui est celui de la poésie, et que l’on croyait unique. Traduire, c’est prendre le flambeau d’un espoir : celui que les hommes ont en partage les mêmes expériences, que malgré le sentiment de solitude et de singularité, la diversité des langues, les siècles, il est possible de se retrouver dans un même geste.

Lire la traduction d’un de ses poèmes, quelle expérience ! Comme si, au loin, sur cette montagne que nous croyions déserte, quelqu’un reproduisait les gestes que nous avions effectués, célébrant seul. Comme si un regard s’était tourné vers nous, éclairant un peu le sens du chemin parcouru, et rachetant un peu notre effort qu’on a cru, un temps, n’être qu’une vaine dépense d’énergie, une rêverie creuse. C’est le plaisir que m’a offert Versions Célestes, en traduisant en espagnol « Un arbre ». Je lui envoie mes plus chaleureux remerciements pour cette tâche dont elle a spontanément eu l’initiative – car j’ai cru deviner qu’il s’agissait d’une femme, ou j’ai voulu qu’il fût ainsi ; mais d’où vient ce désir que ce soit une femme qui relaye ma voix, qui la prolonge, l’absorbe… Je reproduis ici sa traduction, et vous invite vivement à visiter son blog : http://versionscelestes.wordpress.com

*

UN ÁRBOL

Para ti, gesto simple el de ser;
Qué soy sino desorden, agudo fuego
O crispación salvaje a costa de este
Sensual desenlace – de esta miel

En la cadera del tiempo estirado, laxo.
Corazón, crónica, riada… las palabras
Se devoran entre sí e inflaman
Esta memoria en ramas, tu nombre.

– Ángel de adoración, en cada malla
Del aire vives agachado, y cada grito
Crece de flor entre tus manos.

¿ Y como a ti con el sol mi cráneo
Se partirá ? dejando que en la espesura
Brillen los símbolos más simples.

Traduction : Versions Célestes

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