Poésies complètes, Mário de Sá-Carneiro

29 06 2008

Sa-CarneiroJ’ai ouvert ce livre par hasard dans une librairie, et ce fut un coup de foudre. Je tiens à vous présenter ce remarquable poète qu’est Mário de Sá-Carneiro, en laissant la part belle à la poésie !

Mário de Sá-Carneiro est né à Lisbonne en 1890 dans une famille de la haute bourgeoisie portugaise ; il commence à écrire des poèmes à l’âge de douze ans, à traduire Victor Hugo à quinze ans, Goethe et Schiller à seize. Il rencontre Fernando Pessoa à l’âge de 21 ans, qui deviendra un ami intime ; ils publieront ensemble, avec entre autres le peintre et poète José de Almada Negreiro dans la revue Orpheu, qui promeut le Modernisme dans la culture portugaise durant les premières décennies du XXe siècle. Quand il avale de la strychnine en 1926, dans un hôtel parisien, il avait publié une pièce de théâtre, un roman et plusieurs recueils de poèmes. Destinée éblouissante que Pessoa résume de manière admirable : “Mário de Sá-Carneiro n’a pas eu de biographie, il n’a eu que du génie.” Les éditions La Différence ont réédité l’an dernier dans leur collection de poche Minos une édition bilingue des Poésies complètes de Sá-Carneiro.

Pour présenter en quelques mots la poésie de Mário de Sá-Carneiro, je commencerai par un thème majeur qui se laisse appréhender dans Dispersion, le premier recueil : l’ambiguïté de la vision poétique. “Mes songes, lions de stupeur et de feu rompus au halage / De la tour de qui mon Âme était l’attelage” (p. 109) Embarqué pour une quête de l’identité, ses rêveries, ses fantasmes, ses obsessions (beaucoup d’armures, de tours, de châteaux, tous les échos du “bronze médiéval” qui retentit en lui) le guident et l’égarent. Dans le geste initial de Sá-Carneiro, il y a quelque chose du “Bateau ivre”, quelque chose de la vision débridée, du halage fou autant que de l’amertume du voyageur qui, s’étant abandonné glorieusement “A l’aérienne spirale qui vers les cimes m’emporte”, constate le risque de solitude :

Vers le triomphe majeur, en avant toutes !
Mon destin est autre – il est haut et rare.
Il coûte seulement très cher :
La tristesse de ne jamais être deux…

p. 41

Mario de Sa-CarneiroCette ambiguïté donne le ton de maints poèmes, tendus entre la fascination pour les images et la conscience de la vanité de ces images, de ces rêveries, écume toujours d’un monde lointain, - absent, presque défunt dirais-je ! - à tout le moins d’un monde imaginaire, dont la réalité est problématique. “Do I wake or sleep” se demande Keats à la fin de son “Ode au Rossignol” ; serait-ce une nuée, aurait dû se demander Ixion au lieu d’embrasser celle qui précipita sa chute aux Enfer. “Pourtant, rien n’a été simple illusion” (p. 67) écrit-il aussi, car il a confiance en son imaginaire, sentiment nécessaire à une connaissance de soi. Comme l’explique si bien Fernando Pessoa dans le petit texte d’hommage placé en tête du livre, le sentiment d’égarement de Sá-Carneiro est aussi dû à son génie visionnaire, qui devait fatalement l’exclure de ses contemporains, tragique bénédiction : “il a dû subir, outre l’indifférence qui entoure les génies, la dérision qui poursuit les novateurs, prophètes, comme Cassandre, de vérités que tout le monde tient pour mensonge” (p. 9). Egaré parmi les voiles du songe, le voilà réduit à une recherche erratique et exténuante de soi-même, dispersé qu’il est entre ce qu’il imagine et les identités dans lesquelles il se projette. Et l’on comprend pourquoi le premier recueil du poète s’intitule Dispersion :

Tout a eu son commencement… et tout a raté…
– Oh ! La douleur d’être-presque, cette douleur sans fin… –
Je me suis fourvoyé parmi les autres, fourvoyé en moi,
Aile déployée qui n’a pas su voler…

p. 66

Dispersion et rassemblement, opposition fondamentale de la poésie, depuis Baudelaire au moins qui voulait “Rassembler à neuf les terres inondées”, depuis même la poésie baroque et sa fascination ambiguë pour les chimères de l’imagination… Voilà Sá-Carneiro en morceaux, à la recherche de son unité. Teresa Rita Lopes résume bien cet état problématique dans sa jolie préface : “Il se sent irréel, posthume, une âme vagabonde à la recherche d’un corps - un de ces êtres qu’on appelle vampires et que l’on reconnaît à ce signe : quand ils se regardent dans un miroir, ils ne s’y trouvent pas…” (p. 28). Sá-Carneiro a honte de soi, honte du divorce entre le rêve et la vie qui est son mode d’existence, honte de n’être qu’un fantôme, qu’un regret :

Lord des Ecosses qu’en autre vie je fus,
Le voici aujourd’hui qui traîne ici-bas sa décadence
Sans fastes ni équipages.
Milord réduit à vivre d’images,
Qui s’arrête aux devantures de bijoux d’opulence
Dans une brume de désirs – dans l’illusion du doute…

p. 197

Mário de Sá-CarneiroOn a du mal à ne pas lire les vers de Sá-Carneiro à la lumière de la tragique décision qu’il a prise. “Dans ce formidable enchevêtrement de choses tragiques et mêmes picaresques, je ne parviens pas assez à m’y retrouver pour vous donner certains détails.” (p. 304) écrit-il dans une des dernières lettres qu’il envoie à Pessoa. Il formule à plusieurs reprises son projet de suicide, il donne même des dates, des heures précises. Si la mort n’est pas à proprement parler un thème dans les poèmes de Sá-Carneiro, peut-être a-t-elle été comme une manière de trancher le problème de l’identité, comme Alexandre à Gordes. La poésie de Mário Sá-Carneiro, un vers semble la résumer, le dernier vers du poème “Lord”, à l’instant cité : “Et la Couleur dans mon œuvre, vestige de l’enchantement…” (p. 197) Toutes les inventions de la poésie comme une vaine dépense d’énergie et d’imagination pour combler une faille de l’identité, pour tenter d’échapper à un vertige dont le remède augmente la mal.

Ce petit parcours est bien loin d’être exhaustif ; il y aurait encore beaucoup à dire sur les réseaux d’images qui infusent sa poésie, sur les tentatives poétiques purement modernistes, sur l’amour et les femmes… Mais j’espère en tous cas que ce bref aperçu vous aura donné envie de lire Mário de Sá-Carneiro.

*

Illustration : Statue de Sá-Carneiro, Parque dos Poetas, Oeiras

Mário de Sá-Carneiro, Poésies complètes, traduit du portugais par Domnique Touati et Michel Chandeigne et préfacé par Teresa Rota Lopes, La Différence, 1987, rééd. coll. Minos, 2007, 320 p., 210 €

Voir la page du livre sur le site de l’éditeur.

Chronique relayée sur Poezibao (9 juillet 2008).





Le Boulevard périphérique, Henry Bauchau

24 06 2008

Le Boulevard périphériqueHenry Bauchau est de ces écrivains dont on comprend très vite qu’ils resteront, que la postérité leur ouvre déjà les bras. J’ai lu Le Boulevard périphérique juste après avoir lu son Antigone, qui date de 1997, et la même impression m’a saisi : ces livres sont nécessaires, ils répondent à une exigence humaine, il fallait qu’ils soient écrits, aujourd’hui. Rien de trop : écriture riche mais mesurée, expression claire de sentiments profonds, aucune concession à l’effet, aucune posture, ni de la part de l’auteur ni de celle des personnages, tout est admirablement juste.

Paris, 1980. Le narrateur du Boulevard périphérique, écrivain et psychanalyste comme l’auteur, se rend presque tous les jours à l’hôpital pour rendre visite à Paule, sa belle-fille, atteinte d’un cancer. Lors de ces trajets interminables en métro, en RER, et surtout en voiture sur le boulevard périphérique, il se souvient. C’est le souvenir d’un ami, d’abord, qui occupe son esprit : Stéphane, l’ami alpiniste qui jadis l’a initié à l’escalade et avec qui il a partagé d’intenses moments de fraternité et une amitié non dénuée d’ambiguïté. Le début du roman s’attarde sur de nombreux épisodes de leurs escapades dans les rochers, où le narrateur décrit à plaisir l’agilité de Stéphane, sa sérénité devant l’épreuve, cette incroyable aptitude qu’il n’aura jamais. Toutes ces descriptions de l’aérien Stéphane, pour qui escalader est devenu naturel et simple, sont un premier contrepoint à celles des trajets laborieux du narrateur pour se rendre à l’hôpital, et à la pesanteur des visites à l’hôpital, où il faut espérer malgré tout, en dépit de tout.

Stéphane est mort pendant la guerre, laissant au narrateur l’image impérissable de sa jeunesse. Ila été capturé par Shadow, un officier nazi au nom évocateur, presque trop évident. “L’ombre portée de la mort en soi”, ainsi les éditeurs résument-ils le personnage sur la quatrième de couverture : c’est une belle et juste formule. Shadow, le narrateur l’a rencontré plusieurs fois après la guerre ; il s’est fait convoquer par lui à la prison. Durant ces entretiens - plutôt les monologues de Shadow - qui constituent l’une des matières les plus denses et les plus troublantes du roman, l’officier terrifiant s’explique sur la naissance du mal en lui, de sa vocation au mal ; il se considère comme la force négative qui pousse le monde, le démon d’Ivan Karamazov. Devenu chevalier de la merde en écoutant les récits de la Grande Guerre :

Quelque chose s’est ouvert en moi. De toute cette histoire, de tous ces combats de rats dans leurs trous, j’ai senti s’élever une immense odeur d’excrément et j’ai connu le monde tel qu’il est. Un monde inéxorablement en train de manger et d’expulser. J’ai décidé de laisser aux autres leurs châteaux intérieurs, leurs châteaux et cachots en Espagne. Moi, j’aurais le château intestin, le château de merde.

p. 159

Mais c’est surtout sur Stéphane que s’explique Shadow : lui aussi a été fasciné par l’alpiniste, au corps si léger et au mental si stable, si imperturbable. Il a vu en lui son correspondant positif, la force ou l’élan postitifs dont il incarnait le contraire. Stéphane représente la part céleste de l’homme, aérienne, immortelle contre laquelle a lutté Shadow, pulsion de mort, chevalier de la finitude :

C’est cette supériorité, cet allégement mâle, corporel, sexué de Stéphane que j’ai brisés. Oui, je suis arrivé à faire entrer de force, tu entends, à faire ingurgiter à Stéphane une part suffisante de pesanteur pour être connu de lui.

p. 96

Entre ces deux pôles, ces deux incarnations antagonistes qui investissent de plus en plus la mémoire du narrateur : Paule, la belle fille malade, dans le corps de qui se joue présentement le combat entre la vie et la mort. Les deux personnages sortis de la mémoire du narrateur encadrent le présent, ils l’infusent et leur histoire est à la fois l’écho et l’allégorie de la maladie de Paule, sans toutefois s’y réduire.

Cette grande porosité entre les époques, entre les souvenirs et l’actualité, est rendue admirablement sensible dans l’écriture de Bauchau. Le livre est en grande partie constituée de l’anamnèse du narrateur : tous les souvenirs affleurent à la surface de la conscience, venant se superposer aux événements présents à la faveur de la libre association ; et ces incidences, plus ou moins fortes, plus ou moins troublantes, viennent peu à peu éclairer le jeu d’affects mis en place, et guider le narrateur vers une plus grande compréhension de sa vie. Les personnages de Bauchau ne sont que des projections de ses propres pulsions, de ses désirs, de ses angoisses ; et l’art du romancier consiste alors à mettre en ordre tout cela, à tenter de s’y retrouver et de progresser. Les dernières lignes du livre, si touchantes, si profondes, sont un moment de lumière arraché aux ténèbres de l’existence, un moment de grâce par quoi le roman tout entier trouve son sens ; l’équation entre l’espérance et la fatalité est résolue. Le roman tout entier, dont la question initiale peut être formulée ainsi ” à quoi sert d’espérer quand la mort est certaine ?” est une patiente, une sublime conversion à l’espérance et à la finitude.

*

Henry Bauchau, Le Boulevard périphérique, Actes Sud, 2008, 256 p., 19,5 €

Voir la page sur le site des éditions Actes Sud, où lire une belle note de l’éditeur Bertrand Py.

Le Boulevard périphérique a reçu le prix du livre Inter : voir le site de Radio France.

Site internet du Fonds Henry Bauchau.





Au treizième coup de minuit, M. Remy

15 06 2008

Au treizième coup de minuitLe livre de Michel Remy est une anthologie du surréalisme, non seulement de la poésie surréaliste, puisqu’il présente des traductions de nombreux poètes (David Gascoyne, E.L.T. Mesens, Roland Penrose, Emmy Bridgwater, Ithell Colquhoun, Anthony Earnshaw), mais aussi de la peinture surréaliste : on y découvre beaucoup d’encres de Desmond Morris, l’éthologue célèbre du Singe nu, et de reproductions de toiles des mêmes poètes, mises en regard avec les poèmes. Les reproductions, la mise en page aérée et la belle typographie font de Au treizième coup de minuit un livre élégant et agréable à consulter.

Le livre s’ouvre sur une préface qui retrace les grandes étapes de la naissance du Surréalisme en Angleterre. Installation lente que l’auteur compare à une “effraction progressive” faite dans une Angleterre frileuse voire dédaigneuse à l’égard de ces “étranges dieux venus de France” (F. Rutter, critique influent du Sunday Times). Quand la Mayor Gallery accueille Klee, Arp ou Miro en 1933, les journalistes crient à la mauvaise plaisanterie, à l’infantilisme. Certes des films de Man Ray ou de René Clair avaient été projetés, des toiles de Dali avaient été exposée ; et l’Angleterre fut le terreau de nombreuses manifestations, mais toutes isolées, sans unité idéologique ou artistique. Comme l’écrit M. Remy :”Il ne s’est jamais agi pour le groupe surréaliste anglais de formaliser un discours, de se dire à travers des théorisations ou des explications ; il est au contraire passé, dès son introduction en Angleterre, directement, sans attendre [...] à l’éparpillement des œuvres et des discours.” (p. 22-23) L’histoire du surréalisme en Angleterre est l’une des plus “convulsives” écrit-il ensuite. Ce n’est qu’en 1936, avec l’Exposition internationale du Surréalisme à Londres qu’aura lieu l’acte d’entérinement du Surréalisme en Angleterre, légitimant et rassemblant d’un coup toutes les manifestations qui avaient froissé la sensibilité des critiques d’art jusque là. – Michel Remy traite ensuite de la vie du groupe surréaliste, de son engagement et de son rapport particulier à la France, et à Breton. Lisez la suite de cette entrée »





Montaigne, Zweig

9 06 2008

ZweigVoilà un tout petit livre, mais d’une inestimable qualité.

C’est une petite biographie de Montaigne, que Zweig a rédigée vers la fin de sa vie. Il s’est déjà réfugié à Pétropolis lorsqu’il relit passionnément les Essais ; c’est un homme déjà dévasté par la certitude que l’horreur est inévitable. Comme l’écrit Roland Jaccard dans sa très belle préface, Zweig avait rencontré Freud lorsqu’il s’était installé à Bath, mais il acceptait avec bien moins facilement que lui le fait que la culture ne guérira pas l’homme de ses pulsions destructrices. Pour le médecin la barbarie nazie est une tragique confirmation de ses théories, et pour l’homme de lettres humaniste c’est le revers infligé par l’histoire à l’espoir construit et porté par toute une vie. Dans les tristes jours brésiliens que Zweig partage avec Lotte - il y aurait un roman à écrire cet amour me semble-t-il - Montaigne se dresse comme un modèle inattendu ; l’occasion pour Zweig de chercher un salut aux idées qu’il a défendues, et que le cours des événements semble fouler du talon.

Montaigne est l’homme d’une fin de siècle. La vague enthousiaste de l’humanisme a reflué lorsqu’il commence à écrire, la joie de vivre délirante de Rabelais (par ailleurs extrêmement critique et lucide sur les ambitions de son siècle) laisse place à une modestie presque obséquieuse, l’examen critique de toute chose se retourne contre soi : l’homme se retrouve définitivement seul ; Montaigne relève le défi :

Même aux temps fanatiques, à l’époque de la chasse aux sorcières, de la “Chambre Ardente” et de l’Inquisition, les hommes ont toujours pu vivre ; pas un seul instant cela n’a pu troubler la clarté d’esprit et l’humanité d’un Erasme, d’un Montaigne, d’un Catellion. Et tandis que les autres, les professeurs en Sorbonne, les conseillers, les légats, les Zwingli, les Calvin, proclament : “Nous connaissons la vérité”, la réponse de Montaigne est “Que sais-je ?” ; tandis que, par la roue et l’exil, ils veulent imposer : “C’est ainsi que vous devez vivre !”, son conseil à lui est : pensez vos propres pensées et non pas les miennes ! Vivez votre vie ! Ne me suivez pas aveuglément !

pp. 92-93

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L’escalier en spirale, Yeats

15 05 2008

L\'escalier en spiraleAvec L’escalier en spirale, Jean-Yves Masson achève l’entreprise de traduction en français de l’intégrale des poèmes de William Butler Yeats, commencée en 1991 avec Les Cygnes sauvages à Coole.

Ouvrir un des derniers recueils de Yeats, c’est s’offrir au mouvement frénétique d’une parole déchirée entre les diverses tentations qui l’assaillent, oscillant presque follement entre des vœux de pureté et la haine de soi, entre la célébration de ce monde et l’imagination de régions où vivre. L’escalier en spirale (1938), dernier des recueils que Yeats a publiés de son vivant (avant la publication posthume des Derniers poèmes), ne manque pas à cette loi. C’est la voix d’un homme qui, à près de soixante-dix ans, sent approcher la mort et tente de se révolter contre elle, cherche des issues et des extases ; la voix d’un poète qui amorce sur son œuvre un regard plein de doute. C’est dans ce livre que l’on trouve le poème intitulé “Mort”, où Yeats écrit, comparant le sort des hommes à celui des animaux, qui meurent sans peur ni espoir, écrit que “C’est l’homme qui a créé la mort”. La singularité de l’homme tient dans le sentiment profond de sa finitude. Cette connaissance effroyable semble pousser Yeats à la folie poétique : un cycle poétique comme « Incertitude » (« Vacillation ») témoigne d’une grande instabilité psychique, dont le poète est la victime autant que le témoin impuissant ; Yeats s’y montre tour à tour empli d’un feu qui lui donne la sensation de pouvoir bénir toute chose, puis accablé par le remords et la honte: Lisez la suite de cette entrée »