A sonnet

30 06 2012

PRIVATE JOKE SONNET

dedicated to a colleague of mine, and particularly to the most famous of her praiseworthy attributes.

The utmost attribute I sing. The strings
(Of my lyre !) I shall draw more tight ;
Let me not be unworthy of & disappoint
The one to whom we say goodbye.

Fare thee well, dear Marion, whose smile,
Though bright and clear, is not what I
The most have admired this year ; neither
Is it the pair of your enticing eyes.

From a classroom to another, behind you
We saw it fly ; what could we but
Move our captivated eyes and stare ?

Where shall we see it now ? on TV or Youtube ?
What if like Milton I be blind, for I own
In me and forever the memory of… your Cube !





Des références secrètes, par Fabrice Sanchez

25 02 2012

DES RÉFÉRENCES SECRÈTES

-

PAR FABRICE SANCHEZ

I.

Un ami – mettons celui qui tient ce blog – lit des poèmes, en écrit, en traduit à ses moments perdus, le mercredi, le jeudi, le samedi, le dimanche parfois, et compte en préfacer quelques-uns.

Il s’ennuie au théâtre.

Il a tenté d’ouvrir quelques romans, ils ont glissé de ses mains. Parfois, un récit retient son attention, mais sans intrigue ni personnage, sans révélation finale – la vulgarité des textes à chute – des méditations, à peine des promenades, l’ombre qui descend, les branches vertes, quelques souvenirs. Le temps ne nous concerne pas. Il lit quelques poèmes. Il dispose de sa ration de pluie, de pierres, de feuilles et de vent. Il ajoute sa voix à d’autres voix et, par un juste retour, en conserve les inflexions dans ses propres vers.

Qui est-il ? Que peut-il espérer ? Deux ou trois problèmes qui nous furent soumis il y a longtemps, quelques vieillards dignes et oubliés, une somme de pensées et de nuages l’occupent.

Tous les jours, il traduit une grosse centaine de vers. Yeats, Clare, Wordsworth.

Il voudrait écrire des nouvelles.

Un homme écrit, il n’a pas quitté sa table de travail depuis trente ans, et chaque page qu’il finit est emportée par le vent. D’un immense chef d’œuvre, ne reste que sept traductions, toutes différentes, quelques savants rêvent de reconstituer l’original. Deux hommes prétendent chacun avoir écrit un grand livre que l’autre aurait traduit, chacun présente son texte en regard de l’autre, et nous devons distinguer l’original de la traduction. Un auteur, parce que son éditeur s’est montré négligent, ne dispose plus de son manuscrit, récrit son œuvre de mémoire, la première version réapparaît ; inquiet, indécis, il se demande quel texte aimer et publier.

Yeats, Clare, Wordsworth ?

Il s’agit de Borges.

Ses traductions, ses poèmes paraîtront et seront célébrés, je l’espère. Quand les micros se tendront, il évoquera Yeats, Clare, Wordsworth, Bonnefoy sans doute, Jaccottet, il parlera de voix, de souvenirs épars que l’écriture rassemble, de la vanité de la traduction, de la perfection, à laquelle il faut renoncer, Wordsworth, Yeats, Clare.

Il faudra quelqu’un – je m’en chargerai – pour dire enfin que ces trois noms expliquent très imparfaitement son œuvre de traducteur et de poète. Le filtre qu’impose cette poignée d’Irlandais ou de Britanniques la rend sérieuse, sénile par moments, inutilement inquiète et compliquée.

Borges la révèle. Oublions les projets de conscience de soi, les voix qui se mêlent, l’espérance, etc. Ses grands recueils, les plus humbles distiques, ses récits, un vaste projet autobiographique, son théâtre qui paraîtra un jour, portent tous la trace d’une œuvre infinie et totale, marquée par le génie bien sûr, inquiétante, mais fumiste, sans cesse tendue entre l’absolu et l’humour le plus désinvolte. Il a accumulé les souvenirs sublimes et lacunaires, les traductions contradictoires, les nouvelles inachevées et superbes. Quelques vers insignifiants, s’ils n’étaient prodigieux.

Jorge-Luis Borges.

II.

Céline, apprend-on en licence, invente une langue populaire, corporelle, qu’il nourrit de Rabelais, de Zola, mais précieuse, délicate par ailleurs, de la dentelle, la Rochefoucauld, Racine, quelques autres. Quelques traces de Freud, le souvenir des chroniqueurs qu’il lisait au Danemark, quand il attendait d’être ramené en France puis exécuté, Joinville, Froissart. Il invente une langue qui manifeste, mieux que la prose néo-classique des confrères, le désordre du monde et des êtres.

Les programmes de collège ne disent pas autre chose.

Henri Godard, dans sa belle biographie de Céline, évoque lui aussi cette double ascendance, la lignée pure et classique, Pascal, Madame de La Fayette, la souche bâtarde, l’écho des tavernes où l’on pisse la bière, où les serveuses sont troussées dans les coins, Bruegel, Molière. Louis-Ferdinand Céline, le petit Ferdinand que flanquent le prénom du père, la petite bourgeoisie digne, propre, Louis, celui de la grand-mère maternelle, Céline, tout juste revenue du ruisseau.

Toutefois, ajoute Henri Godard, Shakespeare reste « la référence secrète » de l’œuvre de Céline.

Oublions les corps qui rotent et s’éparpillent, l’argot, la chronique furieuse des deux guerres, les saloperies serties de parfaits subjonctifs, le moraliste qui révèle enfin à l’homme qu’il va crever bientôt et que, d’ici sa mort, il est une ordure. Céline n’est ni Pascal ni Rabelais. Il est Shakespeare, Lear devenu zinzin, Yorick.

Puck.

Une guirlande d’insultes et, soudain, les forces contraires qui nous rendent malheureux, nuisibles, n’existent plus. Céline ne peste pas. Il exulte. Les invectives, les phrases qui ne durent pas trois syllabes, obsessions ne manifestent pas son hystérie, mais sa légèreté. Chaque exclamation est un pas de danse, le mouvement qui élève du sol et soustrait à la pesanteur. La rage et les ordures libèrent. Les bombes explosent, un ballet se forme. Les éclats ont des formes d’étoiles. Nous quittons Verdun, Sigmaringen, nous sommes dans la forêt des songes. Délesté de sa fureur, de mille ans d’aigreur, Céline devient féerique.

III.

Nous lisons à travers des verres de couleur.

Les femmes nues sur la couverture, la profondeur de l’encre, le bruit autour de nous, dans le café, d’autres lectures, notre rendez-vous de six heures modifient notre lecture, lui imposent des formes, des inflexions de même que le résumé que nous avons nécessairement lu, l’avis de la libraire, que nous n’avions pourtant pas sollicitée, deux phrases devenues célèbres.

La pelouse où nous sommes allongés.

Nous les lisons aussi à travers les verres que les auteurs taillent pour nous, les préfaces, les toasts, une somme d’articles critiques, quelques lettres. Ainsi, les recueils de mon ami, son théâtre complet seront lus à travers le prisme de Wordsworth qu’il a traduit, de Yeats, qui lui inspira son premier grand récit, de Bonnefoy, qui a préfacé chacun de ses textes. Pourtant, rien n’explique mieux son œuvre que Borges, celle de Céline que Shakespeare.

Chaque auteur mérite d’être relu à la lueur d’une « référence secrète ». Il n’a écrit aucun livre sur cet auteur, et lorsqu’un micro lui est tendu, qu’un deuxième puis un troisième lui succèdent, ce n’est pas son nom qui est répété. L’article qu’il lui a consacré ne figure pas dans ses œuvres complètes. Un coin de phrase l’évoque, dans une lettre, une vieille composition, une fiche de lecture. Il l’a oublié.

Il l’a tu.

Nicolas Bouvier poursuit le voyage de Marco Polo. Il le cite et l’admire. Quelques journalistes l’approchent, il parle d’un vieux rêve : compiler ses récits en un Livre des merveilles.

Marco Polo, soit.

Mais un nom étonnant apparaît dans une lettre à Thierry Vernet : Antoine Arnauld.

Bien sûr, Nicolas Bouvier émerveille son lecteur. Il l’invite à découvrir d’autres mondes, d’autres mœurs, à lui faire quitter ses habits d’occidental accablé, revenu de tout. La suite d’arnaques, le grand souk d’Ispahan, la bagnole toujours en panne, la gargotière qui sourit, écrase les pieds, sous la table, les dômes de faïences bleues que le vent n’entame pas. De quoi lire pendant sa croisière FRAM.

Le voyage, les mosquées de campagne ne sont que des moyens. Nicolas Bouvier est janséniste. Il lui importe avant tout de briser ce corps au travers duquel on ne voit pas assez, l’user, l’accabler de veilles, de currys rances, de fièvres inconnues, perdre six, douze kilos, finir sa nuit dans le caniveau, se réveiller quand tombe la neige.

Il s’est assez humilié, et deux ceintures ne tiennent pas le pantalon. Dieu apparaît enfin, qu’un autre voyageur, nourri, décent, habillé, arrogant en somme, ne percevrait pas : une lanterne de pierre, un buisson inondé de soleil, une charrette de foin, au matin. Devant l’Himalaya, quelques rizières vertes.

Baudelaire traduit Poe, Thomas de Quincey, écrit des lettres à Wagner, qu’il ne signe pas. Poe, Thomas de Quincey, Constantin Guys.

Nous n’y sommes pas, c’est Laclos.

Oublions Flaubert, Saint-Simon, présents dans chaque article qu’il donne au Figaro : Proust continue l’œuvre de Marc-Aurèle. D’autres motifs apparaissent dans le tapis. Balzac et les Psaumes, Molière et Ovide, Woolf et Don Quichotte. Giono précise les contours de Michon.

Il y a d’autres références tapies.

D’autres verres attendent d’être taillés.





The weary flock, sonnet

29 12 2011

Sonnet commencé en esprit en sortant de la BNF vers 20h, d’ailleurs c’est de ça que ça cause. La versification est plus que bancale, je maîtrise bien mieux l’alexandrin, mais le tout se tient.

 

The weary flock

Scholars fret not in the national library,
Peeping between two deepest thoughts
The blue birds stuck on the dirty pane,
Or the black but comely neighbour think.

Yet when twice the bell has rung
Advising’em to put their books aside
Both unbound and melancholy they pack
And in the plastic case their laptop put.

Behold the weary flock when it goes back :
And through the red corridor slowly walks,
For still they think and more would read.

Life calls them back but they prefer
The papered meadow where they graze
The inkèd rivers where they drink.

-





Composé sur le pont de Westminster, Wordsworth

17 10 2011

Voici l’un des sonnets les plus célèbres de Wordsworth, qu’il composa tandis (ou presque !) que le coche qui le ramenait chez lui faisait une halte sur le pont de Westminster. Il est en effet curieux de voir Wordsworth célébrer une beauté urbaine. A en croire la relation de la journée dans le journal de Dorothy, c’est la pureté du ciel ce matin-là, non embarrassé de la fumée des maisons et des usines, qui ont ravi le cœur du poète et de sa sœur.

Ecrit sur le pont de Westminster, le 3 septembre 1802

La terre n’a rien de plus beau à produire :
Insensible l’âme de qui passerait en négligeant
Une vue que sa majesté rend si émouvante :
La ville a présent porte ainsi qu’un vêtement
La beauté du matin ; silencieux et nus,
Bateaux, tours, dômes, théâtres et temples demeurent
Offerts aux champs ainsi qu’au ciel ;
Tout clairs et scintillants dans l’air sans fumée.
Jamais le soleil n’a si magnifiquement trempé
Dans sa première splendeur, vallée, rocher ou colline ;
Jamais je n’ai vu, jamais ressenti un calme si profond !
Le fleuve coule à son propre et tendre vouloir :
Dieu ! Les demeures elles-mêmes semblent assoupies ;
Et tout ce puissant cœur gît immobile !

© Maxime Durisotti, octobre 2011, traduit de l’anglais d’après l’édition des Major Works de William Wordsworth par Stephen Gill, Oxford University Press, 2000

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Composed upon Westminster Bridge, September 3, 1802

Earth hath not anything to show more fair:
Dull would he be of soul who could pass by
A sight so touching in its majesty:
This City now doth, like a garment, wear
The beauty of the morning; silent, bare,
Ships, towers, domes, theatres and temples lie
Open unto the fields, and to the sky;
All bright and glittering in the smokeless air.
Never did sun more beautifully steep
In his first splendor, valley, rock, or hill;
Ne’er saw I, never felt, a calm so deep!
The river glideth at his own sweet will:
Dear God! The very houses seem asleep;
And all that mighty heart is lying still!

-

La Tamise à Westminster, Claude Monet, 1871





La rivière Duddon, Wordsworth

16 10 2011

Pas un jour sans un sonnet. Aujourd’hui le trente-quatrième et dernier d’une série relatant une promenade imaginaire le long de la rivière Duddon, publiés en 1820. La concision du phrasé, les exclamations convenues, on est loin des effusions du jeune poète de "Tintern Abbey" clamant naïvement son amour de la Wye ; de même la forme du sonnet sert au poète à produire du sens, l’ambition didactique de Wordsworth s’affirme. Le titre du sonnet, "Afterthought" est difficilement traduisible : il s’agit d’une pensée faite après coup, soit une prise de conscience tardive, soit une rectification, presque un repentir. J’adoube donc le nom "Repensée", qui me convient autant qu’au poète de la remémoration créatrice et des lieux revisités.

La rivière Duddon. Repensée

Je pensais à toi, ma partenaire, mon guide,
Comme ayant disparu. – Vaine affliction !
Car en arrière, Duddon, quand j’y tourne mon regard,
Je vois ce qui fut, qui est et va durer.
Coule encore et pour toujours coulera le courant;
La forme demeure, la fonction ne s’éteint jamais;
Cependant nous, les braves, les puissants et les sages,
Nous les hommes, qui au matin de la vie avons défié
Les éléments, nous devons disparaître. – Soit !
Il suffit que quelque chose de nos mains puisse
Vivre, agir, et servir l’heure future ;
Et que, tandis que nous allons vers la tombe silencieuse,
Par l’amour, l’espoir et le don de transcendance de la foi
Nous sentions que nous sommes plus grands que nous ne savons.

© Maxime Durisotti, octobre 2011, traduit de l’anglais d’après l’édition des Major Works de William Wordsworth par Stephen Gill, Oxford University Press, 2000

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The River Duddon. Afterthought

I thought of thee, my partner and my guide,
As being passed away.—Vain sympathies !
For, backward, Duddon ! as I cast my eyes,
I see what was, and is, and will abide.
Still glides the stream, and shall for ever glide ;
The form remains, the function never dies,
While we, the brave, the mighty, and the wise,
We men, who in our morn of youth defied
The elements, must vanish;—Be it so !
Enough, if something from our hands have power
To live, and act, and serve the future hour ;
And if, as tow’rd the silent tomb we go,
Thro’ love, thro’ hope, and faith’s trancendent dower
We feel that we are greater than we know.

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A Wordsworth, Percy Bysshe Shelley

14 10 2011

Voici la traduction d’un célèbre sonnet de Shelley destiné à Wordsworth, écrit en 1816. Hommage ambigu, témoignage en fait d’une déception puisque après avoir célébré ce qu’il a aimé chez lui, in cauda venenum, le jeune poète reproche au maître d’avoir abandonné son humble mode de vie (pour un emploi de fonctionnaire des Postes) et les thèmes originels et authentiques de sa poésie, visant sans les nommer le tournant conservateur de ses positions intellectuelles et le pli didactique de ses poèmes.

A Wordsworth

Chantre de la nature, tu as pleuré en constatant
Que ce qui part doit ne jamais revenir : l’enfance
Et la jeunesse, l’amitié et le premier éclat de l’amour
Ont fui comme de doux rêves, t’abandonnant au deuil.
Ces peines ordinaires, je les connais. Une perte m’afflige
Que tu ressens aussi mais que seul je déplore.
Tu fus une étoile solitaire dont la lumière brillait
Pour quelque frêle barque à minuit quand rugissait l’hiver
Au-dessus de la foule aveugle et qui se déchirait :
Dans une digne pauvreté ta voix a tressé
Des chants consacrés à la vérité et la liberté –
Désertant ces thèmes, tu me laisses en peine,
Car tel tu fus que tu plus jamais tu ne seras.

© Maxime Durisotti

-

To Wordsworth

Poet of Nature, thou hast wept to know
That things depart which never may return:
Childhood and youth, friendship and love’s first glow,
Have fled like sweet dreams, leaving thee to mourn.
These common woes I feel. One loss is mine
Which thou too feel’st, yet I alone deplore.
Thou wert as a lone star, whose light did shine
On some frail bark in winter’s midnight roar:
Thou hast like to a rock-built refuge stood
Above the blind and battling multitude:
In honoured poverty thy voice did weave
Songs consecrate to truth and liberty –
Deserting these, thou leavest me to grieve,
Thus having been, that thou shouldst cease to be.

Sonnet tiré du Penguin Book of Romantic Poetry, 2005





Where lies the land… Wordsworth

11 10 2011

Voici la traduction d’un petit sonnet de Wordsworth qui n’est sans doute pas un chef d’œuvre ; mais en anglais le premier vers a résonné longtemps dans ma tête après que je l’eus lu. Composé entre 1802 et 1804, il se chargea brusquement d’une valeur prémonitoire puisqu’en 1805 le frère de Wordsworth disparut dans un naufrage.

Où s’étend le pays que vise ce bateau ? – Frais
Comme une alouette s’élevant au point du jour,
Il appareille bellement et dans la fête ;
Attend-il les soleils tropicaux, les neiges polaires
Quel objet motive son enquête ? – Ami ni ennemi
Ne lui occupe l’esprit ; qu’il voyage où il veut,
On lui donne de doux noms, c’est une voie rebattue
Qui s’ouvre devant lui, et un vent le pousse.
Cependant je me demande : quel port est son repère ?
Et un peu comme au temps où l’on naviguait peu,
(De temps en temps, ainsi les pèlerins, traversant
Ici et là les eaux) je doute, et quelque chose de sombre,
De l’antique et déférente peur pour la mer,
Me prend au moment de l’adieu, joyeuse embarcation !

© Maxime Durisotti, octobre 2011, traduit de l’anglais d’après l’édition des Major Works de William Wordsworth par Stephen Gill, Oxford University Press, 2000

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Where lies the Land to which yon Ship must go?
Fresh as a lark mounting at break of day,
Festively she puts forth in trim array;
Is she for tropic suns, or polar snow ?
What boots the inquiry?–Neither friend nor foe
She cares for; let her travel where she may,
She finds familiar names, a beaten way
Ever before her, and a wind to blow.
Yet still I ask, what haven is her mark?
And, almost as it was when ships were rare,
(From time to time, like Pilgrims, here and there
Crossing the waters) doubt, and something dark,
Of the old Sea some reverential fear,
Is with me at thy farewell, joyous Bark !

-

Port de mer avec la villa Médicis, Claude Lorrain, 1638








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